Thursday, March 3, 2022

UKRAINE: POURQUOI LA LIBERTE EST-ELLE LE PREMIER DES BIENS ? PARCE QU'ELLE N'EST PAS DE CE MONDE (VOLTAIRE)

Ce qui se passe en Ukraine défie l'endurance morale. Les clichés , l'indifférence blasée, l'ennui , ne résistent pas au bruit du glas en Ukraine.

La diplomatie a été prise de court. Confrontés aux tabous, inhérents à une situation géo-politique complexe, la majorité des indignés veut intervenir mais ne le peut pas ce qui laisse aux casseurs le champs libre ( à peu près) . On peut d'ailleurs se poser la question pourquoi l'aide à l'Ukraine en matériel militaire reste aussi timide. Certes il y a les impératifs de l'OTAN et les hésitations, au demeurant légitimes, des états membres, soucieux d'éviter que le conflit ne s'étende, mais les interrogations demeurent.

Poutine est probablement ébranlé par l'accumulation d'évènements assymétriques qui présentent pour lui un cauchemar logistique ainsi qu'une perte de prestige. Il était insupportable hier. Il est infréquentable aujourd'hui. Le déroulement de cette tragédie rappelle  certaines personnalités et des événements qui ont conduit à la deuxième guerre mondiale. Le moindre faux calcul pourrair d'ailleurs conduire à un conflit plus large, dans lequel les paramètres actuellement"endurés" perdraient toute légitimité.

Beaucoup se félicitent de voir l'OTAN et l'UE plus agressifs, ou mieus plus assertifs. Pourtant le président ukrainien est le seul à pouvoir revendiquer l'Histoire. Si l'Ukraine a un visage, c'est désormais le sien.

Il est important que l'UE reste unie. Joseph Borrell, resprésentant pour les relations extérieures ne fait pas le poids. Louis Michel est trop gaffeur. Reste la Présidence tournante, occupée ce semestre par le président français. Sans doute essayera-t-il, en tant que bon cartésien, à faire prévaloir la raison. Il reste impossible de prédire s'il pourra trouver un terrain d'arrangement avec Poutine, qui n'est pas un fan de Descartes.

La Russie gagnera sans doute  la bataille mais elle perdra la guerre :

- Poutine ne s'est pas rendu compte de ce que la vaste majorité des Ukrainiains n'était pas Russophiles, au contraire. Il a aussi sous-estimé le ressort de l'Occident ainsi que l'effet de la condamnation émotionnelle dans le monde. Le vote intervenu à l'Assemblée Générale des Nations unies est un camouflet. La Chine qui comptabilise tout doit se demander s'il ne faudrait pas se distancier de la" folie à deux " célébrée avant le Jeux Olympiques d'hiver.

- Plusieurs questions demeurent. Les armements rappellent davantage la seconde guerre mondiale que les technologies militaires aujourd'hui. Devant les interminables colonnes de chars, l'absence de drones Ukrainiens qui pourraient créer le désordre et ralentir l'avancée russe reste inexplicable. Encore faut-il observer que chez l'envahisseur le moral, l'approvisionnenent, le soutien logistique semblent faire défaut . Seules les troupes ou bandes, du type mercenaire, apparaissent comme le véritable fer de lance de l'étau russe.

- Le président Ukrainien a galvanisé son pays. Zelensky est déjà un nom dans l'histoire. Il est tragique de le voir frapper aux portes, qui resteront fermées aussi longtemps que Poutine ne commette pas un nouveau mauvais calcul. Il est d'ailleurs impératif que les Occidentaux fassent l'impossible pour éviter qu'un scenario Berlin 1945 ne se répète . Les conséquences humaines doivent  adressées solidairement, en premier lieu par l'UE.

- A La Haye la cellule qui abritait Milosevich est libre. De toute façon Poutine n'est pas à l'abri de sa propre opinion publique qui se tient informée ailleurs. Elle risque de subir de plein fouet les effets des sanctions occidentales. Si les oligarques lèvent l'ancre dans les marinas ou ils ne sont plus les bienvenus, l'homme de la rue russe payera l'ardoise. La folie militaire en dit long sur l'équilibre moral d'un président qui doit désormais etre considéré comme un patient. Sa déjà célèbre longue table blanche plante le décor pour soins intensifs.

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